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ÉTUDE

Fake News en 2020

Le changement climatique et le Covid-19 font partie des nombreux thèmes de conversations en ligne les plus en proie à la désinformation

ÉTUDEFake News en 2020
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Selon le Forum économique mondial, les fake news et la désinformation seront l'un des plus grands risques pour l'économie mondiale dans les dix année à venir.

En plus de rester longtemps gravées dans l’esprit du public, les fausses informations connaissent un essor sans précédent de par leur nature indéfinissable. Nous pouvons néanmoins en donner plusieurs définitions :

  • Fake news (ou infox) : terme relativement informel servant à décrire les canulars (hoax) diffusés par les médias à travers les réseaux sociaux.
  • Désinformation (de l’anglais misinformation) : informations incorrectes partagées sans avoir connaissance de leur nature erronée.
  • Désinformation (de l’anglais disinformation) : informations incorrectes partagées en toute connaissance de cause.

Or ce qui est manifestement trompeur pour une personne peut sembler tout à fait pertinent à une autre. Ainsi, avant de trouver des solutions techniques pour identifier et neutraliser les contenus non conformes, il peut être opportun de se poser la question d’un point de vue philosophique.

Il est également utile d’examiner les conditions dans lesquelles s’épanouissent les fake news. Les réseaux sociaux facilitent la diffusion rapide d’informations non vérifiées, et les journalistes pressés par le temps et soumis à une forte pression pour créer de plus en plus de contenus peuvent se révéler victimes de faux comptes, et publier des posts mensongers comme s’il s’agissait de véritables opinion publiques.

Ce qui rend le problème si urgent, c’est qu’il est difficile de se défaire des fake news : elles vous collent littéralement à la peau. Comme l’explique le Dr Delia Dumitrescu dans notre interview réalisée dans le cadre de notre dossier special Fake News 2020 :

« Une information particulière, même si elle est fausse, peut devenir familière. Si elle est familière, elle s’inscrit dans la fluidité de la pensée. Elle devient alors intuitive et facile à récupérer. Or les informations facilement récupérables sont davantage valorisées... La familiarité est un signal. Le cerveau considère ce signal comme ayant de la valeur »
— Dr Delia Dumitrescu - Dossier Fake News 2020 : Interview du Dr Delia Dumitrescu & Andrew Ross, Master en désinformation, médias sociaux et médias (Blog Brandwatch)

C’est pourquoi il est si difficile de se défaire des fake news. Nous avions déjà interviewé Ania Korsunska en 2019. Selon elle, « les recherches récentes ont montré que la désinformation circule très librement, et que les rectifications restent loin derrière, sans jamais rattraper leur retard. Les gens ne diffusent jamais de corrections – ils n’iront jamais aussi loin que l’histoire originale. »

Comme nous le verrons, les fake news et la désinformation naissent et se diffusent (via un partage bien intentionné) si rapidement que ceux qui souhaitent s’y attaquer ne peuvent se permettre d’attendre. Les résultats peuvent être incroyablement dévastateurs, quel que soit le point de vue adopté.

Cette étude

Si le rôle de Brandwatch n’est pas d’identifier ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas, notre technologie nous permet néanmoins de suivre la propagation des tendances, des messages et des contenus lorsqu’ils circulent sur les canaux de médias sociaux et les sites web publics.

Dans ce rapport, nous allons analyser divers exemples de messages douteux et leur suivi en ligne en 2020. Nous verrons :

  • Les tendances dans les conversations relatives au changement climatique – En illustrant comment le contenu qui vise à diviser l’opinion continue à prospérer en 2020
  • Les théories du complot et remèdes du Covid-19 – En examinant la situation unique dans laquelle nous nous trouvons, et comment la désinformation et les infox prolifèrent en ligne
  • Des conseils pratique pour reconnaitre les fake news basé sur des exemples que nous avons observé

Nous vous encourageons également à nous rejoindre (ou à regarder le replay) pour notre webinar sur les Fake News nous y verrons entre autre des stratégies susceptibles d’être adoptées par les organisations pour aborder et lutter contre la désinformation.

Les tendances des messages relatifs au changement climatique

Avant l’apparition de la pandémie, vous vous souvenez peut-être qu’il y avait une autre crise mondiale dont nous parlions tous très régulièrement.

Le sujet, très clivant, générait une énorme quantité de contenu.

Nous avons donc décidé d’examiner les articles consacrés au « changement climatique » et à la « crise climatique » afin de comprendre l’ampleur et le type de contenus qui performent le mieux.

Comme vous pouvez le voir ci-dessus, des centaines de millions d’engagements relatifs au « changement climatique » et, dans une moindre mesure, à la « crise climatique », ont été enregistrés l’année dernière. .

En zoomant davantage sur les conversations au sujet du changement climatique, nous avons fait une découverte surprenante :

L’article sur le changement climatique ayant suscité le plus d’engagement l’année dernière provient d’un site conspirationniste connu, appelé Natural News.

L’article en question a généré 4,2 millions d’engagements et a été partagé plus que tous les autres contenus sur Facebook.

Bien que Natural News soit régulièrement condamné comme pourvoyeur de fake news (Forbes 2016, Fast Company 2019, The Daily Beast 2020, ), il génère toujours autant d’intérêt sur les médias sociaux.

Voilà bien la démonstration de ce que nous disions plus haut :

  1. Il est difficile de discréditer les fake news. Si de nombreuses sources respectées ont dénoncé Natural News, leurs articles n’en continuent pas moins à circuler.
  2. Les réseaux et les « chambres d’écho » peuvent se révéler difficiles à infiltrer. Une fois qu’un groupe de personnes ayant un intérêt ou un récit commun est en place, il est extrêmement complexe et potentiellement dangereux d’infiltrer ce réseau et d’y diffuser des informations qui ne correspondent pas à ses croyances. Un article n’obtient pas 4,2 millions d’engagements sans un solide réseau de promoteurs.

Les théories du complot et remèdes au Covid-19

Il y a un peu plus de cent ans, la grippe espagnole décimait de vastes pans de la population mondiale. Comme l’a écrit Hannah Mawdsley dans Wellcome Collection : « l’agent pathogène responsable de la grippe espagnole est resté un mystère et, avec peu de conseils utiles de la part de la communauté médicale, le monde était mûr pour la prolifération des « fake news » ».

Si nos connaissances médicales ont progressé, le problème des fake news circulant durant les catastrophes sanitaires continue de se poser.

Les théories du complot et remèdes

Comme vous pouvez le voir ci-dessous, de nombreuses théories farfelues circulent sur le social, générant des dizaines de milliers de mentions.

Zoomons sur l’une d’entre elles pour illustrer la façon dont les fake news se propagent lors d’une pandémie.

La soupe de chauve-souris

En étudiant la conversation sur le Covid-19 à l’aide de Consumer Research, Iris, notre assistante IA, a découvert un essor considérable de la conversation relative à théorie de la « soupe de chauves-souris ».

Différents utilisateurs et organes de presse, dont le Daily Mail, ont même partagé la vidéo d’une femme mangeant une chauve-souris et de la soupe de chauve-souris. Selon eux, la vidéo avait été filmée dans un restaurant de Wuhan. Il en a résulté une théorie confuse, selon laquelle le Covid-19 résulterait de l’ingestion de chauves-souris, une idée qui a beaucoup tourné sur les médias sociaux.

Mais la vidéo n’a pas été filmée à Wuhan, ni même en 2020 (elle date de 2016). Et si les chauves-souris ont été identifiées comme un porteur potentiel du virus, le lien semble ici assez ténu. Selon BuzzSumo, les médias ont généré 849 000 engagements (interactions) à partir de contenus mentionnant la soupe de chauves-souris et le Covid-19.

News fatigue ou la fatigue liée à l’actualité

Notre équipe en charge du bulletin d’information sur le Covid-19 s’est penchée sur la lassitude du public envers les informations liées au Coronavirus. Voici un extrait de la newsletter :

« Nous avons utilisé BuzzSumo pour savoir combien d’articles liés au Covid-19 ont été publiés chaque jour ce mois-ci, ainsi que le nombre d’engagements sociaux et de partages générés. Grâce à ces données, nous avons pu calculer l’engagement moyen par article et par jour.

Nous avons ensuite regardé combien de personnes parlaient quotidiennement du virus. Pour comparer leur évolution, nous les avons indexés, avec une valeur pour le 1er mars fixée à 100.

Le nombre d’articles a atteint un sommet en date du 18 mars, avec 137 000 articles publiés ce jour-là. En comparaison, le nombre de personnes discutant du Covid-19 diminuait, en moyenne, de 2,5 % par jour. Entre-temps, la moyenne des engagements restait assez stable, mais il semble que ce chiffre soit également en baisse.

La vague ininterrompue d’informations fatigue-t-elle les gens, leur faisant perdre tout intérêt ?

14 000 personnes parlaient d’arrêter de regarder les actualités ou disaient en avoir assez. Ce chiffre a atteint un sommet le 20 mars, avec 500 mentions publiées. En comparaison, 425 utilisateurs ont exprimé le même sentiment le jour de la fusillade du night-club d’Orlando aux États-Unis.

Les gens peuvent supporter les mauvaises nouvelles jusqu’à un certain point. Mais à une époque où les fake news se répandent si facilement et où les avis officiels sont régulièrement mis à jour, cette tendance est inquiétante ».

Le dark social

Il convient de souligner ici que les fake news ne sont pas toujours faciles à détecter sur les réseaux sociaux, de nombreux échanges se faisant via des messages privés (par exemple, sur Facebook Messenger ou WhatsApp). Pour des raisons bien évidentes, nous ne sommes pas en mesure de suivre ce type de diffusion, mais vous en trouverez probablement des preuves anecdotiques en ligne si vous n’avez pas déjà reçu quelque chose vous-même.

« En ce qui me concerne, quelques messages privés me sont parvenus, déclinant divers conseils sur la façon de me protéger du Covid-19. Mais l'information n'est pas de première main ou ne provient pas d'une source fiable, et ne correspond pas aux directives officielles. »
— Gemma Joyce, Content Manager - Brandwatch

Conseils pratiques pour repérer les fake news

Comme nous l’avons dit dans l’introduction, les fake news sont difficiles à définir… et un petit détour par la philosophie peut se révéler particulièrement utile.

Néanmoins, dans notre vie quotidienne, comment faire pour rester critiques à l’égard des informations auxquelles nous sommes exposés ? Comment enquêter quand quelque chose nous semble louche ?

Voici quelques conseils.

En résumé

Comme vous pouvez le voir dans les exemples ci-dessus, les fake news sont plus présentes que jamais en 2020. Elles constituent une menace sérieuse, non seulement pour la démocratie, mais également pour les pays subissant de plein fouet la pandémie actuelle, qui pourrait fort bien dégénérer suite à la publication de messages trompeurs ou erronés en ligne.

Mais il reste de l’espoir : les réseaux sociaux mettent en avant les messages de divers organismes officiels sur les fils d’actualité, de sorte que même ceux qui se détournent des informations ont accès aux conseils les plus élémentaires.

Webinar | Fake News : Comment les marques peuvent les comprendre et y faire face

Brandwatch est accompagné par Olivier Cimelière, Directeur Adjoint de l’ESJ Pro Entreprise, et Nicolas Vanderbiest, co-fondateur de l'agence Saper Verdere, pour discuter de phénomène des fake news et partager des conseils sur comment les organisations peuvent s’équiper des bons réflexes et insights pour garder une longueur d’avance sur les fake news et maintenir une relation authentique avec leur audience

Jeudi 23 avril 2020 | 14 h 00

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