[Témoignage client] Pierre Fabre : Comment placer la voix du consommateur au cœur du cycle décisionnel

Écoutez comment Pierre Fabre est passé d’une approche de monitoring à une intégration de la Digital Consumer Intelligence dans l’ensemble des départements de l’entreprise

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Publié 27 mars 2018

La folle épopée du géant Facebook

Le 4 février, Facebook a fêté son 14e anniversaire. Aujourd’hui l’une des plus grandes entreprises au monde, Facebook fait partie du quotidien de millions de personnes, aux quatre coins du globe.

Les entreprises y ont aussi trouvé leur place, des géants de l’industrie aux petits cafés implantés dans des villes de quelques centaines d’habitants.

Alors, comment un jeune étudiant américain qui codait dans sa chambre universitaire a-t-il pu prendre la tête d’une des entreprises de haute technologie les plus importantes et les plus influentes de l’histoire ?

Retour sur l’histoire de cet incontournable acteur du Web.

Les débuts de Mark Zuckerberg

Mark Zuckerberg a commencé son apprentissage très tôt. Bien conscient de l’importance du codage, Edward Zuckerberg, le père de Mark, lui a appris la programmation informatique Atari BASIC. Très vite, il est devenu évident que le garçon était doué. Alors qu’il avait 11 ans, ses parents ont engagé un développeur appelé David Newman, afin qu’il lui donne des cours. Aujourd’hui encore, D. Newman qualifie M. Zuckerberg de « prodige ».

Il n’a fallu que quelques années à M. Zuckerberg pour créer un programme extrêmement pratique baptisé ZuckNet. Son père, qui avait installé son cabinet de dentiste dans la maison, cherchait un moyen simple permettant au réceptionniste de le contacter sans devoir crier dans toute l’habitation. C’était exactement à ça que servait ZuckNet, qui fonctionnait comme un système interne de messagerie instantanée.

Zuckerberg n’a pas perdu son élan créatif durant son passage par la Phillips Exeter Academy, un internat d’élite. Il a éveillé l’intérêt d’AOL et de Microsoft, qui désiraient lui offrir un poste et acheter Synapse, un logiciel qu’il avait créé avec un ami. Le programme apprenait les goûts musicaux d’un utilisateur grâce à l’intelligence artificielle et à ses habitudes d’écoute.

Il a finalement décliné l’offre pour rentrer à Harvard. C’est là que Facebook est né. Il ne regrette donc probablement pas cette décision.

Harvard et Facemash

Après avoir refusé les propositions de deux des plus grandes entreprises de technologies du monde, M. Zuckerberg a commencé ses études à Harvard en 2002. Cela ne faisait aucun doute, il visait plus haut. Il a choisi de se spécialiser en psychologie, tout en suivant de nombreux cours d’informatique. Dans un premier temps, son choix pour la psychologie semblait étrange. Pourquoi ne pas s’être tourné vers la programmation ou un sujet semblable ?

Pourtant, quand on pense à la nature de Facebook, à la prétendue « addiction » aux Likes et au Pokes, alors le côté psychologique de Facebook devient plus évident. Dès le départ, Facebook vous pousse à partager des informations personnelles et à tenter d’interagir avec d’autres personnes. Pour pouvoir concevoir un tel programme, il faut forcément avoir un minimum de connaissances au sujet de l’esprit humain.

  1. Zuckerberg a suscité une première polémique en octobre 2003. Il crée et lance Facemash, un site qui permet aux étudiants de Harvard de juger l’attractivité des autres, afin d’établir des classements (un peu comme le site Hot or Not, lancé en 2000). Il n’a pas demandé la permission d’utiliser les photos des étudiants, et étonnamment beaucoup n’ont pas été séduits par son travail.

En une poignée d’heures, les photos du site avaient été vues 22 000 fois, mais il a été fermé après quelques jours. M. Zuckerberg a été convoqué par le conseil d’administration de Harvard. Même s’il a envisagé de le renvoyer, le conseil d’administration a finalement décidé de lui permettre de rester. Après des excuses publiques, M. Zuckerberg a passé l’éponge sur sa première confrontation avec les autorités, pour se consacrer à son prochain projet.

Lancement de Thefacebook

The original TheFacebook

Il n’a pas fallu attendre longtemps avant de découvrir la première version d’une entreprise désormais omniprésente. Février 2004 fut le mois du lancement de Thefacebook. Le nom était certes légèrement différent, mais cette plateforme avait tout de même un air familier. Les utilisateurs y disposaient d’un profil où ils pouvaient télécharger une photo, partager leurs centres d’intérêt, et entrer en relation avec d’autres personnes. Elle leur permettait également de visualiser leur réseau de relations.

Au début, la plateforme était réservée aux personnes disposant d’une adresse e-mail de Harvard. Après un mois, 50 % des étudiants de l’université s’étaient inscrits. Cependant, dès le départ, M. Zuckerberg a dû gérer un gros problème. Il était poursuivi en justice.

  1. Zuckerberg avait précédemment travaillé sur un projet similaire avec ses camarades Cameron Winklevoss, Tyler Winklevoss et Divya Narendra. Il l’a finalement laissé tomber pour se consacrer à une seule chose, Thefacebook. Ses anciens collaborateurs ont affirmé qu’il avait volé leur concept et leurs idées. Ils exigeaient un dédommagement.

En définitive, ils ont trouvé un accord en 2008 : chacun a reçu 1,2 million de parts de l’entreprise Facebook. Lors de l’introduction en bourse, ces parts valaient 300 millions de dollars, mais elles ont pris de la valeur.

Thefacebook a connu un succès immédiat, et l’intérêt n’a cessé de grandir. Fin 2004, presque toutes les universités des États-Unis et du Canada avaient accès au site, et le public voulait s’inscrire.

En juin de cette même année, M. Zuckerberg a déplacé le siège de son entreprise à Palo Alto, en Californie, et a bénéficié d’un important investissement. Peter Thiel, le cofondateur de PayPal, a rejoint l’équipe de direction, en apportant 500 000 $.

En mai 2005, Thefacebook a reçu encore plus d’argent. Cette fois, Accel a investi 12,7 millions de dollars, et l’investisseur en capital-risque Jim Breyer a contribué à hauteur de 1 million de dollars, issus de sa fortune personnelle. Le site avait vraiment attiré l’attention du public.

En août, le « the » a été abandonné, et l’entreprise a officiellement pris le nom « Facebook » (le domaine facebook.com a coûté 200 000 $). Le mois suivant, les élèves du secondaire ont pu s’y inscrire, tout comme les employés de Microsoft et d’Apple. L’entreprise était prête à ne plus se concentrer uniquement sur les étudiants.

Puis, en novembre, M. Zuckerberg a pris une grosse décision personnelle. Après avoir arrêté ses études à Harvard pendant un semestre, il a annoncé qu’il quittait définitivement l’université, n’y retournant que brièvement pour engager quelques nouveaux employés. Grâce à de gros investissements et à un nombre croissant de membres, M. Zuckerberg était prêt à se consacrer entièrement à son entreprise, en tant que PDG plutôt qu’en tant que programmateur.

Facebook, vous connaissez ?

With the Zuck at the helm full-time, Facebook continued its expansion plans. In December Australian and New Zealand universities were included, along with high schools from Mexico, the UK, and Ireland. That meant there were now 2,500 colleges and 25,000 high schools with access to Facebook.

Avec Mark Zuckerberg aux commandes à plein temps, Facebook a poursuivi son expansion. En décembre, les universités d’Australie et de Nouvelle-Zélande ont eu accès au site, tout comme les écoles secondaires du Mexique, du Royaume-Uni et d’Irlande. Désormais, 2 500 écoles supérieures et 25 000 écoles secondaires pouvaient donc profiter de Facebook.

Ce n’est qu’en septembre 2006 que la plateforme a été ouverte à tous (enfin, à toutes les personnes de plus de 13 ans disposant d’une adresse e-mail valide). Facebook était alors tout à fait international. Le rythme de la croissance du nombre de membres s’est également accéléré :

Décembre 2006 : 12 millions
Avril 2007 : 20 millions
Juillet 2007 : 30 millions
Octobre 2007 : 50 millions

En mai 2007, Facebook a lancé la fonction « Marketplace », qui permet aux utilisateurs de poster des petites annonces pour vendre des produits et des services. C’était aussi la période de l’arrivée de la plateforme Facebook Application Developer, où les développeurs peuvent créer leurs propres applications et jeux, intégrés à Facebook.

Facebook cherchait aussi à aller plus loin que les profils personnels, afin de déterminer comment les entreprises pourraient utiliser le site. Fin 2007, plus de 100 000 entreprises étaient inscrites, et Facebook a créé des pages pour appuyer ce développement. Des plans étaient déjà en cours de préparation pour utiliser les revenus publicitaires existants dans le but de permettre même aux plus petites entreprises de faire leur pub sur la plateforme.

Puis, en 2008, Facebook a lancé quelque chose d’énorme : le chat Facebook, grâce auquel nous pouvons ennuyer nos amis et notre famille encore plus instantanément, a vu le jour en avril 2008. Le concept de base n’est pas différent de celui de ZuckNet. La fonction « Connaissez-vous… », le mur Facebook et Facebook Connect datent également de cette année.

Pendant ce temps, le nombre d’utilisateurs continue de grimper :

Août 2008 : 100 millions
Janvier 2009 : 150 millions
Février 2009 : 175 millions
Avril 2009 : 200 millions
Juillet 2009 : 250 millions
Septembre 2009 : 300 millions

Un des grands jeux Facebook a aussi fait son apparition : Farmville est sorti en juin 2009 et, même s’il plagie un autre jeu baptisé Farm Town, il a rencontré un vif succès. En août, il comptait 10 millions d’utilisateurs quotidiens actifs. Ça fait vraiment beaucoup de maïs virtuel.

Le meilleur du monde

Photo by Tom Morris

En décembre 2009, Facebook a finalement franchi une étape importante. Avec 350 millions d’utilisateurs enregistrés et 132 millions d’utilisateurs mensuels, c’est devenu la plateforme sociale la plus populaire au monde. Bien entendu, l’entreprise ne comptait pas en rester là.

L’année suivante fut synonyme de nombreuses adaptations et de multiples changements, comme la possibilité de liker les commentaires, ou d’identifier des amis sur les photos. En juillet, le nombre d’utilisateurs inscrits a passé la barre des 500 millions, et l’entreprise a pris beaucoup de valeur en fin d’année.

En novembre 2010, Facebook valait la somme impressionnante de 41 milliards de dollars. Elle est devenue la 3e plus grande entreprise sur Internet des États-Unis, derrière Google et Amazon. Tout cela en moins de cinq ans, sans rien qui laisse présager un ralentissement de la progression.

Une autre grande étape a été franchie l’année suivante. En juin 2011, Facebook a atteint mille milliards de pages consultées, d’après une enquête menée par DoubleClick. Nielsen a ensuite déterminé que Facebook était le deuxième site le plus visité aux États-Unis cette année-là.

En août, Facebook Messenger a été lancé comme application indépendante. Ce lancement a suivi l’achat de Beluga, un service de messagerie de groupe, en mars.

Facebook était alors un nom bien connu, un site utilisé dans le monde entier, mais aussi le leader de la révolution des médias sociaux. Pas si mal pour quelqu’un qui était toujours à l’école quelques années auparavant.

Acheter, acheter, acheter et vendre, vendre, vendre

Nous sommes maintenant en 2012, probablement l’une des années les plus importantes de l’histoire (assez courte, je vous l’accorde) de Facebook.

En avril, Facebook fait une acquisition majeure : Instagram. Avec un prix d’achat d’un milliard de dollars, on imagine les ressources qui sont désormais à disposition de la plateforme. C’était juste un mois avant le principal évènement de l’année : l’introduction en bourse.

En mai, Mark Zuckerberg était enfin prêt à rendre Facebook public. L’entreprise a été évaluée à 104 milliards de dollars, et le prix des parts a été fixé à 38 $ (félicitations à Divya Narendra et aux jumeaux Winklevoss). Pour finir, l’introduction en bourse a rapporté 161 millions de dollars, mais les ennuis allaient commencer.

L’introduction en bourse a été ébranlée par des problèmes techniques et des accusations de comportement inapproprié de la part des preneurs. Facebook y a laissé un quart de sa valeur en bourse. Tout cela avant la fin du mois. Le Wall Street Journal a qualifié l’introduction en bourse de « fiasco ». Le 6 juin, les investisseurs avaient perdu 40 milliards de dollars en tout.

Plus de 40 procès ont ensuite été intentés en lien avec l’introduction en bourse. Les preneurs (Morgan Stanley, JP Morgan et Goldman Sachs) ont été accusés d’avoir agi de façon inappropriée. Certains disaient qu’ils avaient secrètement diminué les estimations de recette en plein milieu de l’introduction en bourse, alors que d’autres affirmaient qu’ils avaient reçu des informations de Facebook, les poussant à revendre.

Mais ce n’est pas tout : il y a aussi eu des accrocs au niveau des opérations, et des commandes ratées. Facebook a également été accusé de manipuler le volume lors de l’introduction en bourse.

En gros, cette introduction en bourse ne fut pas de tout repos. Pourtant, cet épisode n’a, bien entendu, pas arrêté Facebook. En octobre, la plateforme a accueilli son milliardième utilisateur inscrit.

Rejoindre la cour des grands, et crouler sous le poids de la haine

En 2013, un an après l’introduction en bourse et malgré tous les problèmes qu’elle a engendrés, Facebook a rejoint le classement Fortune 500 à la 462e place. Cela ne faisait plus aucun doute, l’entreprise était devenue une institution clef, surtout lorsque son influence mondiale a augmenté. Désormais, sa popularité posait problème.

À première vue, une plateforme ouverte à tous, c’est une idée géniale. Malheureusement, « tous », c’est aussi de nombreuses personnes indésirables, qui ne cherchent qu’à utiliser Internet pour porter préjudice à un public aussi grand que possible. Facebook faisait face à de gros soucis d’abus et de discours haineux. La plateforme ne semblait pas avoir les armes pour y faire face.

Suite à des campagnes menées par des groupes comme Everyday Sexism Project et d’autres plaintes plus vastes provenant des utilisateurs, Facebook a dû agir. Dans un post de blog, l’entreprise a admis que ses efforts modérés « n’ont pas été aussi efficaces » que prévu. Pour essayer de résoudre le problème, différents changements ont été annoncés :

  • révision et mise à jour des lignes directrices utilisées pour évaluer les discours haineux signalés
  • mise à jour de la formation destinée aux équipes responsables de ces évaluations
  • augmentation de la responsabilité des personnes à l’origine de contenus « cruels et irrespectueux », en les obligeant à révéler leur véritable identité
  • accentuation de la communication avec des groupes qui tentent déjà d’agir contre les discours haineux

Comme nous le verrons plus tard, cela n’a pas suffi pour éradiquer le problème.

Dix ans déjà


Photo de l’Université de Waterloo Stratford CampusFacebook a fêté son dixième anniversaire en février 2014. Beaucoup de choses ont été accomplies depuis l’époque de la chambre universitaire à Harvard. Alors, que réserve l’avenir ?

D’abord, les chiffres mobiles sont solides. Facebook était depuis longtemps adepte d’une bonne expérience mobile. Ses efforts ont payé : durant les trois premiers mois de l’année, un milliard d’utilisateurs se sont connectés à la plateforme depuis un appareil mobile.

Il était également temps de faire une autre acquisition majeure. En février 2014, Facebook a annoncé le rachat de WhatsApp, pour la somme astronomique de 19 milliards de dollars. Facebook disposait déjà d’un système de messagerie, mais cette acquisition lui a donné accès à la base d’utilisateurs plus jeune de WhatsApp, et à ses utilisateurs d’outre-mer.

Le mois suivant fut aussi marqué par une grande acquisition. Cette fois, il s’agit de l’entreprise de réalité virtuelle Oculus VR. Dans un post, Zuckerberg a expliqué que le casque Oculur VR « permettrait des expériences personnelles plus utiles et plus divertissantes ».

En avril, un autre changement clef se profilait à l’horizon. Même si Facebook possédait déjà une application concurrente d’un point de vue technique, l’entreprise a décidé de séparer Messenger de l’application principale et d’en faire une application indépendante. Les utilisateurs devraient donc la télécharger séparément. En avril 2017, Messenger affichait 1,2 milliard d’utilisateurs actifs.

Mais ce n’était pas suffisant. En juin 2014, il s’est avéré que Facebook se servait de ses utilisateurs pour faire des expériences. En gros, la plateforme choisissait de leur montrer certains contenus, pour essayer d’influencer leur humeur. Sans surprise, beaucoup n’ont pas aimé servir de cobaye. Suite à des plaintes, Facebook a accepté de changer sa manière de faire des expériences, sans toutefois aller jusqu’à s’excuser.

Entre temps, la capitalisation boursière de Facebook augmentait, atteignant 200 milliards de dollars en septembre et prouvant que l’entreprise avançait encore sur le plan financier.

Nettoyage du fil d’actualité

L’année a commencé avec d’importantes nouvelles financières. Facebook a annoncé un bénéfice prévisionnel de 701 millions de dollars pour le quatrième trimestre 2017, soit une augmentation de 34 % en un an. Avec l’argent qui coulait à flots et les acquisitions qui ouvraient de nouveaux horizons, l’avenir semblait prometteur. Sauf que quelque chose de sombre et d’horrible apparaissait au loin.

Avant que les « fake news » n’entrent dans le langage courant, elles posaient déjà problème. Les plateformes sociales, et notamment Facebook, croulaient sous les fake news et les fausses informations, qui touchaient tous les domaines. Elles étaient souvent rédigées par des sites visant à attirer des visiteurs, pour augmenter leurs revenus publicitaires ou pour atteindre un quelconque objectif politique. Quoi qu’il en soit, ils ne cherchaient pas la vérité.

Pour Facebook, qui n’a cessé de se vanter du nombre de personnes qui utilise son site régulièrement, c’était ennuyeux. Désormais, cela attirait l’attention sur le nombre de personnes exposées à des mensonges sur la plateforme. Il fallait faire quelque chose.

En janvier 2015, Facebook a annoncé une nouvelle fonction, qui permettait aux utilisateurs de signaler qu’un article contenait de « fausses informations ». Si l’article était signalé suffisamment de fois, les autres utilisateurs voyaient une note leur indiquant que l’article avait été signalé comme étant un faux ; l’algorithme était lui aussi pris en compte pour les rapports.

Comme tout le monde le sait, cela n’a pas vraiment fonctionné. Les fausses informations ont donné naissance au concept de « fake news ». Pourtant, Facebook allait continuer à s’atteler à ce problème.

Une conséquence plus positive était le lancement des réactions Facebook. Les utilisateurs pouvaient non seulement « aimer » un post, mais aussi ajouter une réaction (« J’adore », « Haha », « Wouah », « Triste » ou « Grrr »). Cette amélioration n’était certainement pas extraordinaire, mais elle a montré que Facebook cherchait toujours à améliorer certaines de ces fonctions originelles.

Puis, en mai, Facebook a commencé à lancer les articles instantanés. Ils permettaient aux auteurs de créer des versions de leurs articles qui seraient hébergées directement par Facebook. La vitesse de chargement était largement réduite, et les auteurs pouvaient gagner de l’argent grâce à la publicité.

Une statistique intéressante a été publiée en juillet : la moitié des utilisateurs d’Internet à travers le monde utilisaient Facebook. Elle a été dévoilée après que la plateforme a révélé ses statistiques de la période s’étendant d’avril à juin, indiquant que le site comptait 1,49 milliard d’utilisateurs.

Le même mois, une étude du Pew Research Centre a expliqué pourquoi la problématique des fake news sur Facebook avait pris tant d’ampleur. En fait, 63 % des Américains du site (et donc de Twitter) s’informaient grâce à la plateforme. Facebook était donc l’endroit parfait pour semer la désinformation, et la répandre.

Quelques autres fonctionnalités notables ont été lancées en 2015, comme l’appel vidéo pour Messenger, Facebook Live pour certains personnages publics vérifiés, et les vidéos à 360°.

Nettoyage du fil d’actualité, acte 2

Fake news words typed on vintage typewriter.

En 2016, alors que les fausses informations et les canulars continuaient de semer le trouble, Facebook a annoncé avoir 1,5 milliard d’utilisateurs quotidiens et 3 millions d’annonceurs. L’entreprise a dégagé un bénéfice de 3,69 milliards de dollars en 2015. Des chiffres forts, impossibles à contester. Les internautes ont donc préféré se plaindre de leur fil d’actualité.

En juin, Facebook a modifié son algorithme ; c’était l’une des premières étapes qui allaient affecter le trafic organique des auteurs et des entreprises sur le site. Désormais, les posts des amis et de la famille seraient prioritaires dans le fil d’actualité. Parfait pour les photos de vacances en famille, un peu moins intéressant pour la diffusion d’informations.

En août, Facebook a tout de même donné un os à ronger aux auteurs, en changeant à nouveau son algorithme. La plateforme allait déterminer quelles histoires étaient informatives, puis les présenter aux utilisateurs qu’elles pourraient intéresser. Ceux qui produisaient du journalisme de haute qualité devaient tout de même être frustrés de constater que les informations inventées attiraient toujours autant d’attention.

C’est dans ce contexte que Facebook a lancé une nouvelle plateforme : Workplace. Conçue pour les entreprises, c’était avant tout une plateforme sociale interne permettant aux employés de communiquer.

Septembre fut le mois d’une nouvelle crise, après la révélation que Facebook avait publié des chiffres trompeurs. L’entreprise a été obligée de s’excuser pour avoir mal calculé le nombre de vues des vidéos et le temps durant lequel les utilisateurs les ont regardées. Le timing était loin d’être parfait pour une entreprise qui tentait d’éradiquer la propagation de la désinformation sur sa propre plateforme.

À la fin de l’année, les fake news étaient toujours au centre des discussions. Après les élections américaines, on entendait le terme « fake news » au moins une fois toutes les heures, et certains affirmaient qu’une grande partie de ces fausses informations se trouvait sur Facebook. D’autres sont allés plus loin, en disant que ce type de contenu se répandait sur des plateformes comme Facebook et Twitter, et que ces dernières avaient fait pencher la balance en faveur de Trump, voire exacerbé la polarisation politique, aux États-Unis et ailleurs.

Mark Zuckerberg lui-même a réagi à cette polémique, écartant l’idée que Facebook pourrait avoir eu une influence sur les élections. Quoi qu’il en soit, durant la période qui a précédé les élections présidentielles de 2016, les fake news ont suscité largement plus d’engagement que les informations publiées par les médias traditionnels. En décembre, Facebook a quelque peu revu sa copie.

L’entreprise a annoncé son intention de renforcer la fonctionnalité permettant à la communauté de signaler des contenus ou des personnes, sa collaboration avec des sociétés de vérification des informations et la modification de sa politique de publicité, visant à combattre des publicités qui valorisaient les fake news. Ce n’étaient que des tests, mais Facebook était clairement préoccupé à l’idée de voir sa réputation ternie après un mois de mauvaise presse.

Pourtant, comme d’habitude, une fois les résultats financiers publiés pour l’année, l’entreprise a montré qu’elle n’avait pas pris une ride. L’année 2016 lui a rapporté plus de 10 milliards de dollars de bénéfices (dont la majeure partie grâce à la publicité). Quelque 1,86 milliard de personnes se sont connectées chaque mois à la plateforme.

Facebook à Washington

Fort d’importants apports financiers pour cette nouvelle année, Facebook a fait sa première grande annonce de 2017. Sans surprise, il était question de journalisme. Le Facebook Journalism Project a été lancé par l’entreprise pour signifier clairement qu’elle voulait que les vrais journalistes aient du succès.

Ayant pour objectif de « renforcer les liens entre Facebook et l’industrie de l’information », la plateforme désirait proposer de nouveaux formats pour les récits, favoriser les nouvelles locales, proposer des formations journalistiques, et apprendre au public à repérer les fake news.

Durant le premier trimestre, la plateforme a également bénéficié de différentes mises à jour. Grâce aux nouvelles options, les utilisateurs pouvaient aider d’autres personnes à obtenir de la nourriture et un abri en cas d’urgence, utiliser les réactions sur Messenger et bénéficier de nouveaux outils de prévention des suicides. Pourtant, l’attention s’est encore portée sur les fake news.

En avril 2016, Facebook a annoncé des mesures supplémentaires pour combattre la propagation des fausses informations, et ce, à l’aide de trois approches : toucher les motivations économiques (en influençant le trafic vers les sites web proposant des fausses histoires et des canulars), créer de nouveaux produits (changements au niveau des classements, maintien de la fonction permettant aux utilisateurs de signaler de contenus et vérification des faits) et aider les internautes à prendre de meilleures décisions (Facebook Journalism Project et consortium international pour aider les utilisateurs à repérer les fake news).

Facebook a continué à proposer des nouveautés intéressantes, dont Facebook Spaces. Cette application de réalité virtuelle vous permettait de passer du temps « en personne » avec vos amis, au détriment des photos et vidéos plus immersives à 360°, lancées plus tôt dans l’année, qui fonctionnaient à l’aide de casques de réalité virtuelle.

Le nombre d’utilisateurs des plateformes et les résultats financiers ont ensuite à nouveau augmenté durant le premier semestre 2017 : Facebook a dégagé un revenu supérieur à 3 milliards de dollars, soit une progression de 76 % par rapport à l’année précédente. En juin, l’entreprise a annoncé qu’elle avait atteint le chiffre astronomique de 2 milliards de membres.

De nouvelles améliorations ont été ajoutées durant les mois suivants. Facebook a continué à faire des ajustements pour essayer de combattre les fake news et les vidéos « attrape-clics », le design du fil d’actualité a été légèrement modifié, et l’entreprise a amélioré le suivi des clics et des impressions. Puis Facebook s’est rendu au Congrès américain.

En septembre 2017, l’entreprise a annoncé qu’elle fournirait des publicités liées à l’Internet Research Agency au Congrès, qui enquêtait dans le cadre des soi-disant interférences russes dans les élections présidentielles américaines de 2016. L’Internet Research Agency, une organisation basée en Russie, aurait publié 3 000 publicités entre 2015 et 2017.

Dans un post de blog datant d’octobre, Facebook a détaillé le contenu exact des publicités, en fournissant quelques informations à leur sujet. D’après ces données, les publicités auraient été vues par 10 millions de citoyens américains, et entre 3 et 5 millions d’habitants y auraient été exposés avant les élections. Les thématiques abordées allaient des questions de couleur de peau au droit de posséder des armes.

Parallèlement, un ancien problème refaisait surface (même s’il n’avait jamais vraiment disparu). En décembre, Facebook a lancé un nouvel outil pour combattre le harcèlement. L’entreprise a affirmé vouloir être plus proactive en matière de prévention de contacts indésirables, tout en permettant aux utilisateurs d’ignorer des conversations sur Messenger sans pour autant devoir bloquer l’expéditeur.

Tout cela est né suite à la révélation, en octobre, des accusations d’agressions sexuelles à l’encontre du célèbre producteur Harvey Weinstein, et à la campagne #MeToo qui s’en est suivie sur Internet. Mais ce n’est pas tout : une étude publiée en juillet 2015 a conclu que 57 % des femmes avaient été maltraitées ou harcelées sur Facebook. L’entreprise a bien compris qu’elle devait redoubler d’efforts.

2018, Nouveau fil d’actualité

The entrance sign to Facebook 1 Hacker Way

En janvier 2018, Facebook a commencé l’année avec un changement majeur. Désormais, le fil d’actualité se concentrerait encore davantage sur la famille et les amis. Les statuts et les photos des utilisateurs seraient donc vus plus souvent, mais ce changement risquait de couper net la portée organique des entreprises, des organisations caritatives et des organismes.

En d’autres termes, la portée des pages serait drastiquement réduite, à moins qu’elles ne paient des publicités. C’est en quelque sorte un retour aux origines de Facebook, à l’époque où les publicités n’étaient pas omniprésentes et où la plateforme servait seulement à poster des photos de soirée. Cela pourrait cependant faire disparaître le gagne-pain de ceux qui gagnaient de l’argent en gérant des entreprises sur Facebook.

Les premières conséquences de ce changement n’ont pas été positives. Facebook a annoncé que, depuis cette mise à jour, les utilisateurs passaient 5 % de temps en moins sur la plateforme. Bien entendu, il pourrait s’agir de personnes qui doivent moins chercher pour trouver du contenu qui les intéressent. Il est encore trop tôt pour évaluer correctement le succès de cette mesure.

En matière d’argent, Facebook continue tout de même sa progression. Les données financières pour 2017 ont été publiées en février 2018. Les bénéfices pour 2017 s’élèvent à 15,9 milliards de dollars, soit 56 % de plus que l’année précédente. Facebook engrange toujours de coquettes sommes d’argent, même après les problèmes de harcèlement, de vie privée et de fake news.

Une chose est sûre : Mark Zuckerberg ne regrette certainement pas d’avoir refusé les offres de Microsoft et d’AOL.

Les sources de l’article :

https://www.newyorker.com/magazine/2010/09/20/the-face-of-facebook
http://www.thecrimson.com/article/2003/11/19/facemash-creator-survives-ad-board-the/
https://www.boston.com/culture/lifestyle/2015/11/03/10-years-ago-mark-zuckerberg-dropped-out-of-some-school-called-harvard
https://en.wikipedia.org/wiki/History_of_Facebook
https://www.jonloomer.com/2012/05/06/history-of-facebook-changes/
http://www.adweek.com/digital/farmville-history/
https://finance.yahoo.com/blogs/daily-ticker/facebook-bankers-secretly-cut-facebook-revenue-estimates-middle-133648905.html
https://www.facebook.com/notes/facebook-safety/controversial-harmful-and-hateful-speech-on-facebook/574430655911054
https://www.statista.com/statistics/417295/facebook-messenger-monthly-active-users/
https://www.theguardian.com/technology/2014/jun/29/facebook-users-emotions-news-feeds
http://www.bbc.co.uk/news/technology-29475019
https://www.facebook.com/zuck/posts/10101319050523971
http://www.bbc.co.uk/news/business-33712729
http://www.bbc.co.uk/news/business-31031650
https://www.nytimes.com/2015/05/13/technology/facebook-media-venture-to-include-nbc-buzzfeed-and-new-york-times.html
https://techcrunch.com/2016/06/29/facebook-news-feed-change/
https://techcrunch.com/2016/08/11/facebook-news-feed-algorithm/
https://www.newstatesman.com/world/2016/11/did-fake-news-facebook-swing-us-election
https://www.buzzfeed.com/craigsilverman/viral-fake-election-news-outperformed-real-news-on-facebook
https://www.nytimes.com/2016/12/15/technology/facebook-fake-news.html
https://newsroom.fb.com/news/
https://www.nytimes.com/2016/09/24/business/media/facebook-apologizes-for-overstating-video-metrics.html
https://www.theverge.com/2017/12/19/16795760/facebook-harassment-prevention-tools-security-ignore-mute
http://www.bbc.co.uk/news/business-42893051
https://www.statista.com/statistics/784821/harassment-women-websites-social-media-platforms/
https://investor.fb.com/investor-news/default.aspx

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